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Tout passe, tout casse, tout lasse ?

"L'amour ne dure que 3 ans" est une formule régulièrement invoquée pour justifier nos désillusions, nos ruptures annoncées, nos inexorables désamours. Une formule sèche, définitive, qui ne laisse pas une miette d'espoir à celui qui y croit. Qui sert parfois de sésame pour aimer de nouveau ailleurs... Faut-il se ranger derrière cette "vérité" ? L'expérience apparemment la valide.

La magie des débuts

Beaucoup d’entre-nous ont vécu cette flambée des premiers instants, quand l’être rencontré déborde de qualités, que ses petits défauts – le terme est fort ! – nous le rendent encore plus attachant, tellement attendrissant. Il nous avait alors semblé que l’avenir nous appartenait, que l’intensité des moments passés nous armerait contre les pièges et vicissitudes de l’existence. Et puis, et puis… la routine nous a rattrapés, les adorables travers sont devenus d’insupportables manies, le triomphe de l’amour a viré au fiasco. Parfois en moins de 3 ans.

Un rêve tenace

Si nous n’avons pas vécu ces « descentes », nous en avons vu le spectacle partout autour. D’ailleurs nous ne cessons de mettre en garde certains de nos amis qui, tous les 6 mois, trouvent enfin l’Amour de leur vie… et le perdent peu après. Le schéma est toujours le même, mais ils retombent chaque fois dans le panneau. Car il est tenace, le rêve d’amour qui dure toujours ! Malgré les adages fatalistes et nos expériences malheureuses, l’espoir d’une rencontre capable de résister au temps ne nous déserte pas facilement.

A quoi se ranger ?

Que faire, alors ? Faut-il s’échiner à raison garder, traquer ces fantasmes de midinettes – ceci est également valable pour les hommes – qui nourrissent notre attente de la « bonne » personne, cet amour évident et inoxydable qui n’existe que dans les fictions ? Faut-il au contraire se battre contre ces assertions qui ne nous laissent aucune chance de vivre quelque chose de beau, de fort, de vrai ? L’existence, finalement, n’est-elle pas la quête d’un Gral que quelques-uns trouveront, donnant raison à ceux qui persistent à y croire ?

Mobiles nous sommes

Ces deux options négligent une dimension du vivant, et des humains que nous sommes : notre mobilité. Nos personnalités, nos caractères, nos envies et nos intérêts ne cessent d’évoluer, de se transformer. Vouloir s’aimer comme au premier jour est de ce fait un objectif tout à fait vain. Si nous ne sommes plus les mêmes, comment nous aimer de la même façon ? Nous avons appris, découvert, expérimenté, nous sommes devenus plus fermes ou plus tolérants, notre façon d’aimer et d’appréhender l’autre en sera forcément transformée.

Sans cesse recommencer

Il ne s’agit donc pas de croire en l’amour compté ou en son éternité, mais de se battre contre notre propension à tenir les choses pour acquises, à vouloir qu’elles restent en l’état. Même si, pense-t-on, ce serait pratique et plus facile à gérer. Un amour qui dure – et il y en a ! – est un amour qui change avec nous. C’est un amour qui ne se « case » pas sous une étiquette, mais qui se réinvente sans cesse. C’est un amour qui, d’abord et surtout, réclame de l’un et l’autre de la curiosité, plus précieuse que les affirmations tonitruantes…

– par Sophie Cadalen