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Responsable de son célibat ?

A tout célibataire qui a passé le cap de la trentaine, il est souhaité de se "caser" bientôt, de devenir un "vrai" adulte et de fonder ou recréer une famille. Un souhait qui pèse comme une injonction, et qui insidieusement se transforme en soupçon : veut-on réellement rencontrer quelqu'un ? Ne sommes-nous pas responsables, au fond, de notre célibat ?

Tout pour plaire !

Cette accusation vague se glisse sous ces remarques bienveillantes qui accablent nombre de célibataires : « Mais enfin, une belle fille comme toi ! C’est pas normal que tu sois seule ! », « Gentil comme tu es, c’est pas possible, tu les vois pas toutes celles qui t’attendent ! » Ben non, on ne la voit pas, cette cohorte de prétendant(e)s censée faire le pied de grue. Voilà ce qui, tacitement, est reproché au célibataire : d’être hermétique à ces sollicitations qui normalement ne doivent pas manquer, dont il ne sait profiter.

Inapte au couple ?

Un reproche – entortillé sous de belles et bonnes intentions – qui finit par miner le célibataire qui ne s’inquiétait pas encore de son statut. A force d’être rappelés à cette « normalité », beaucoup s’interrogent et doutent alors de leur aptitude à rentrer dans la dite norme. Vient alors la litanie des dysfonctionnements qui justifient notre inaptitude au couple : on a mauvais caractère, on n’est pas fait pour vivre à deux, on tient trop à son indépendance, on ne veut pas être piégés par la routine, on est trop compliqué…

La peur d’être heureux

Après ces premières explications, qui imputent à notre nature une incapacité à rentrer dans cette norme qui nous ouvrirait les portes du grand amour, déboule la seconde vague de reproches : on nous soupçonne de résister forcément à l’idée du bonheur, d’avoir peur de nous abandonner et de nous engager, de ne pas consentir à perdre la maîtrise de notre vie en la mêlant à celle d’autrui. Bref, si nos relations sont trop brèves pour nous extirper de notre statut de célibataire, c’est que nous le voulons bien !

Des références encombrantes

Ce qui n’est pas faux, souvent. Car si nous fouillons nos tiroirs et sortons de nos placards les références que nous avons du couple, elles ne sont pas si rassurantes, elles ne sont pas si évidentes. Cet idéal de la vie à deux ne cesse de se heurter aux réalités que nous avons côtoyées. Nos parents n’ont pas tous été des modèles d’entente et d’harmonie, et s’ils l’ont été, leur exemple peut être inhibant pour se lancer dans les balbutiements d’une relation. Mais si la peur d’aimer nous retient plus ou moins, l’envie n’en est pas moins là, aussi !

Se délester de toute culpabilité

Alors oui, nous avons des résistances qui, à notre insu, freinent nos élans et nos envies d’aimer follement. Mais ces retenues font partie de l’aventure amoureuse, elles se dressent pour être dépassées, pour être transgressés. Une transgression ô combien délicieuse, mais que la culpabilité d’être « encore » célibataire empêche. Si prendre en compte ses réticences est la première étape pour les abattre, se reprocher son célibat ne sert à rien. Car si vous avez « tout » pour plaire, vous avez peut-être envie, aussi, que l’autre vous charme…

– par Sophie Cadalen