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Peut-on aimer de nouveau, si le deuil de nos amours passés n’est pas fait ?

La rupture amoureuse, pour être réellement consommée, prend souvent plus de temps que l’on ne voudrait. Même si nous arrivons toujours à la conclusion qu’il n’y avait pas d’autres issues, des doutes continuent de nous assaillir, des regrets de n’avoir pas tout tenté, des envies de reprendre contact, de peut-être recommencer sur de meilleures bases. Sommes-nous prêts, dans ces conditions, à aimer de nouveau, à nous engager ?

Guéri par l’autre

Si nous aspirons, après une séparation, à rencontrer quelqu’un et écrire avec lui une nouvelle romance, nos motivations – si elles ne sont pas sondées – peuvent nous mener à l’échec assuré. Car si nous attendons de cet autre qu’il nous guérisse, qu’il nous réapprenne le goût de vivre, qu’il réveille une foi en l’amour que nous n’aurions plus, la bataille est perdue d’avance. Car personne ne peut soigner, à notre place, nos souffrances intimes, personne ne peut nous réparer. C’est à soi de s’en charger.

Solder les comptes

Il semble évident, bien sûr, qu’avant de se lancer dans une nouvelle aventure, il est nécessaire de solder les comptes passés, de ne pas polluer cette rencontre avec des dettes et des passifs que l’on trimballerait. Sauf qu’il y a parfois un écart énorme entre ces raisonnements et nos agissements. L’angoisse de se retrouver seul peut être plus forte que cet éloge de la patience. La tentation de se réfugier dans des bras accueillants peut soudain balayer nos projets de chasteté, et nos bonnes résolutions.

Des « entre-deux » salvateurs

Et puis il y a des rencontres, juste après une rupture, qui nous aideront à « tourner la page ». Des rencontres empreintes de douceur qui vont nous apaiser, ou d’une fantaisie inhabituelle qui va nous stimuler. D’autres qui nous rappelleront ce que nous avons vécu déjà, et que nous ne voulons plus réitérer. Celles-là, malgré leur inconfort, peuvent être l’occasion d’une réelle introspection, pour couper court à des répétitions stériles. Ces relations ne dureront pas forcément, mais seront déterminantes pour notre renaissance.

Des rencontres qui nous révèlent

D’autres rencontres, que l’on a voulu éviter parce qu’on les jugeait trop précoces, parce qu’on ne se sentait pas prêt, vont chambouler ce qu’on imaginait de notre chagrin. L’envie d’aimer qui soudain s’impose, et nous emporte, nous révèlera que le deuil était fait, que finalement nous sommes libres d’aimer. Une disponibilité qui ne remet pas en cause ce que nous éprouvions, la souffrance qui fut la nôtre. Mais qui confirme peut-être ce que nous répugnions à reconnaître : qu’il y avait bien longtemps déjà que cette histoire, au fond, était classée…

Se rencontrer, soi

Les humains que nous sommes veulent faire les choses dans l’ordre : s’investir au bon moment, ne pas agir sur des coups de tête, et de cœur, difficiles à justifier. Nous voudrions aimer avec notre intelligence, quand d’autres mouvements, surgis de nos inconscients, nous mènent. Mais quel que soit le moment d’une rencontre, quelles qu’aient été nos déceptions précédentes, si nous n’avons pas pris le temps de nous interroger, si nous continuons d’imputer à l’ex-amant(e) la responsabilité de notre échec, d’autres déconvenues nous menacent. Il n’y a pas de « bon » temps pour aimer, mais un temps à prendre – indispensable – pour se rencontrer, soi. Avant de rencontrer l’autre.

– par Sophie Cadalen