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Je n’ai pas fait l’amour depuis longtemps

Il est des faits, ou des impressions, qui sont des obstacles sérieux à nos désirs de rencontre, à nos envies d'aimer. On hésite parfois à mettre un terme à notre désert sexuel, dans lequel à l'occasion nous nous sommes installés. Même s'il est devenu insupportable. Le moment venu, saurons-nous y faire encore ? De quoi aurons-nous l'air ? Qu'en pensera notre éventuel(le) partenaire ?

Pas dans l’air du temps

Cette « passe » sans sexualité, qui n’est pas forcément un passage à vide, est pour beaucoup difficile à assumer en cette époque décomplexée – soi-disant – qui est la nôtre. A l’heure où la publicité, les magazines, les fanfaronnades médiatiques valorisent nos audaces et prônent les orgasmes à tout va, comment justifier que nous ayons pu nous passer de « ça », que cela ne nous manquait pas ? Comment s’en expliquer ? Ne vaut-il mieux pas, finalement, se résigner et continuer ainsi ? Après tout, ce n’est pas si terrible…

S’éclater est de mise !

Car cette libération des mœurs, dont incontestablement nous profitons, a créé d’autres obligations. Si auparavant la sexualité était réputée physiologiquement nécessaire aux hommes et sans grand intérêt pour les femmes, elle est aujourd’hui considérée comme l’indicateur infaillible de notre santé psychique. S’éclater, expérimenter, oser, sont devenus des mots d’ordre qu’il est difficile d’ignorer, et dont tout le monde semble profiter. Sauf que « tout le monde » n’est personne en particulier, et que ces choses-là sont complexes…

Pas une gymnastique

Car la sexualité ne s’appréhende pas comme une simple gymnastique, elle n’est pas qu’une affaire de pratique. Elle n’obéit pas aux injonctions, qu’elles soient intimes ou culturelles. Le désir ne se commande pas – c’est même tout le contraire : plus on l’exige moins il répond à l’appel ! Et s’il est un endroit où se répercutent nos états d’être et d’âme, c’est bien celui de cette intimité, si prompte à se rétracter. Notre libido trouve alors à se défouler ailleurs que dans les seules galipettes : se défoncer au travail est une autre manière de jouir…

Comme le vélo ?

A ceux qui redoutent ces corps à corps à venir, quand les précédents semblent un lointain souvenir, on pourrait rétorquer que, comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Bien qu’il y ait différentes façons de pédaler et des « talents » différents pour tenir en selle… Sauf que la sexualité, justement, ne peut se comparer à cela, qu’on ne peut invoquer les automatismes. Ce qui la caractérise – et nous déroute ! – c’est comme elle nous renvoie sans cesse à notre ignorance, au sentiment de tout réapprendre. Comme elle est jalonnée de premières fois.

Toujours débutants…

Car ce moment où l’on choisit de se livrer l’un et l’autre, de se rencontrer de nouveau, n’a rien à faire avec une quelconque technique. Et si c’est le cas, c’est que nos sentiments ne sont pas de la partie. Que pouvons-nous craindre alors ? De nous ennuyer peut-être ? (ou pas) Mais si l’instant est pour chacun important, quel que soit notre « entraînement » nous serons malhabiles comme deux adolescents. Au bord d’un gouffre dans lequel nous jeter…

– par Sophie Cadalen