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Il (ou elle) va trop vite

Nous voulions rencontrer quelqu'un, nous avons dominé nos craintes et combattu nos réticences pour nous inscrire sur un site, nous avons accepté des rendez-vous qui n'ont pas eu de suite. Jusqu'à ce jour, où nous avons été troublés, intéressés, intimidés. Tout est allé très vite... trop vite ? C'est ce que nous supposons, dépassés que nous sommes par les événements.

Des reproches divers

Ce « trop vite » est un fourre-tout pour des reproches aussi divers que variés : on se voit trop, on s’appelle tout le temps, on passe déjà les week-ends ensemble, on s’est présenté nos amis, on s’est raconté nos vies, on s’est confié nos rêves et avoué nos échecs, on s’est dit qu’on était bien, que l’on s’aimait, on a cessé toute recherche parallèle pour se consacrer l’un à l’autre, on envisage des vacances ensemble… En résumé, et quelque soit le fait souligné, une trop grande intimité déjà nous lie. Et risque de nous aliéner.

C’est de sa faute !

Et ces reproches sont, implicitement, toujours faits à l’autre. C’est lui qui est trop présent, trop pressant, c’est lui qui nous sollicite. Même si c’est nous qui répondons à l’appel, et jusqu’ici avec enthousiasme ! C’est lui aussi qui ne refuse jamais nos propositions, ne jouant pas le rôle de modérateur que l’on voudrait soudain qu’il soit. Car cette aspiration à moins d’empressement, à plus de recul, à davantage de sagesse, est toujours soudaine. Le « ça va trop vite ! » est un sentiment qui, sans crier gare, nous submerge brutalement.

Quand le rêve devient concret

Cette angoisse du « trop vite » nous tombe dessus quand, finalement, nous vivons ce à quoi nous aspirions. Nous en avions assez de ces relations toutes en retenues, nous n’avions plus envie de feindre un détachement censé rassurer l’autre. Et quand enfin le désir nous emporte plus vite et plus fort que ces tactiques stériles, nous freinons des quatre fers ! Il n’y a plus alors de contrôle possible et le « crash » nous menace. Même si, en toute conscience, nous préférons l’aventure amoureuse au « confort » du célibat, aimer c’est être vulnérable…

Piégés par ses délires

Bien sûr il y a des accélérations qui, réellement, ne peuvent nous convenir. Des empressements que l’on ressentira comme des agressions, sans que cela ait à voir avec une difficulté à s’abandonner. Nous serons les otages de l’histoire que l’autre se raconte, nous serons embarqués dans un fantasme, le sien, que nous ne partagerons pas. En résumé, nous n’aurons pas voix au chapitre, élus et adoptés sans que notre avis ait été sollicité, sans que l’autre se demande si nous sommes prêts. Un cas de figure relativement rare, mais à l’échec assuré.

Des rythmes à réajuster

Il n’y a bien sûr pas de bonne vitesse pour commencer et poursuivre une relation. Être prudent, raisonnable, n’a jamais garanti la pérennité d’un amour. Foncer tête baissée dans la vie à deux ne conduit pas forcément à la catastrophe. Sont à écouter, et à réajuster sans cesse, nos rythmes particuliers et propres à chacun. Si l’autre, à notre sens, va trop vite, c’est que peut-être nous n’osons exprimer nos préférences, que nous craignons d’obéir aux siennes. Même si elles correspondent à nos vœux les plus chers…

– par Sophie Cadalen