Inscrivez-vous gratuitement
Rencontrez votre moitié
Chercher

Faut-il se connaître soi, avant d’aller vers l’autre ?

Que nous ayons fait beaucoup de rencontres qui n’aboutissaient nulle part, ou que nous n’en fassions pas – en dépit, nous dit-on, de nos charmes et de nos qualités – il nous est régulièrement conseillé de nous questionner, de faire le tour de notre personnalité. Mais quelle est cette connaissance de soi qu’il s’agirait d’acquérir pour être « apte » à la rencontre, et ne plus être tacitement coupable de son échec ?

Moi, moi, moi…

Nous pouvons passer une vie entière à tenter de nous cerner, de nous comprendre, de nous assurer de qui nous sommes. Une démarche dont la rigueur et l’investissement peuvent nous protéger au final de toute occasion de rencontre. À force de nous penser, de nous évaluer, de nous élucider, nous devenons hermétiques à cet autre qui trouble la bonne marche de notre enquête. Le « travail sur soi » peut isoler celui qui s’y consacre, et s’y complaît, dans une auto contemplation qu’un intrus dérangerait. Ces démarches peuvent virer ainsi en introspection nombriliste qui, au lieu de nous ouvrir à l’amour, ne font que renforcer nos défenses et légitimer notre autarcie. Ce qui, pourquoi pas, peut suffire à occuper une vie…

D’abord traquer nos attentes

Pour ceux que l’aventure de l’amour intéresse, plutôt que d’aspirer à une connaissance parfaite de soi – ce qui est impossible tellement nous sommes vastes et complexes – il est important de prendre la mesure de nos attentes, de nos espoirs insensés, de tout ce que nous réclamons d’un partenaire que nous nous contentons encore d’imaginer. Car ce qui fait figure d’obstacle entre nous, c’est cette incroyable exigence avec laquelle nous abordons d’emblée toute rencontre : l’autre devra nous deviner, nous soulager de ce qui nous encombre, il devra illuminer notre vie, nous rendre plus beaux, plus forts, plus intelligents, plus performants. L’autre, en résumé, devra nous assurer le bonheur auquel nous aspirions avant de le croiser, sans jamais l’atteindre.

Repérer nos répétitions

Il est également essentiel d’interroger ce que nous reproduisons malgré nous, ces répétitions qui rythment nos vies et nous conduisent immanquablement à l’échec : l’homme ou la femme mariée, c’est-à-dire indisponible, dont nous tombons systématiquement amoureux, un conflit spécifique et récurrent qui pollue chacune de nos relations, des infidélités que nous commettons ou subissons et qui précipitent, toujours de la même façon, la fin de notre liaison… etc… . Sont à repérer ces schémas inconscients, et quelquefois déguisés sous une diversité apparente, qui ponctuent notre rapport à l’autre et nous conduisent dans une impasse. Une fois démasquées ces constructions psychiques, il est important d’entamer leur déconstruction, une entreprise qui peut réclamer l’aide d’un spécialiste. Il est en effet difficile de se débarrasser, seul, de systèmes que l’on ne sait pas avoir mis en place.

Perdre connaissance…

Se connaître soi est entendu souvent comme la certitude – que nous aurions alors – de qui nous sommes, de ce que nous voulons, et de ce que l’autre doit nous apporter. Un savoir trop précis pour nous disposer à la rencontre, et ce qu’elle va bouleverser. Car rencontrer quelqu’un, c’est se confronter à un univers différent. C’est ouvrir les frontières du pays que nous sommes, et accueillir des influences qui en changeront les us et les coutumes, qui en stimuleront l’humeur et l’appétit. Pour qu’il y ait cette ouverture, « il ne faut pas comprendre, il faut perdre connaissance » a écrit Paul Claudel. Une perte de connaissance impossible si nous sommes attachés à une idée figée de nous-mêmes, et du couple qu’à terme, avant même d’avoir rencontré l’autre, nous avons décidé de former.

– par Sophie Cadalen