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Comment être sûr(e) que je lui plais ?

Voilà une question qui nous hante depuis nos premiers amours : comment savoir que nous plaisons à l’autre, et jusqu’à quel point ? Nous avons cru, à l’orée de notre vie sentimentale, que nous manquions d’expérience pour sonder notre impact sur l’autre ; mais le temps a passé, et nous sommes toujours aussi démunis, incapables de décrypter ce que l’autre pense et ressent.

Un décryptage évident

Pourtant, lorsque nous observons des couples, que nous tendons l’oreille à leurs conversations, les signes de leur attirance sont évidents : leur façon de sourire, de glousser, d’échanger des banalités en rougissant, de se cogner en marchant, leurs yeux brillants… Autant d’indices facilement lisibles pour qui est extérieur. Mais dès que nous sommes concernés, rien ne saurait nous garantir l’effet de notre charme. Une allusion, que nous avons prise pour une invite un peu coquine, sera suivie d’une remarque que nous interpréterons comme une fin de non-recevoir. Un sourire, qui en disait long, sera suivi d’un regard qui, pour nous, raconte l’exact contraire.

Des dictionnaires à notre secours

Les ouvrages ne manquent pas pour nous fournir les codes à connaître pour répondre à cette question et dissiper notre angoisse. Langage du corps, décorticage de nos mots, explications sur les us masculins et les attentes féminines… Mais nous avons beau avoir lu ces dictionnaires, en situation nous ne comprenons rien à la langue que parle cet autre, ce qu’il veut vraiment nous signifier. Car aucune de ces méthodes ne saurait rendre compte des infinies complexités de chaque être. Elles font l’impasse sur la somme de particularités qui nous définissent, et nous font impossibles à résumer à une attitude générale et sa traduction systématique.

Des attitudes singulières

Nos émotions s’expriment de façon propre à chacun : certains les dissimulent, inquiets d’être vulnérables, d’autres les transforment en humour caustique pendant que d’autres s’empêtrent dans des considérations lénifiantes, les uns s’excitent et les autres semblent s’éteindre. Des attitudes qui, de surcroît, sont changeantes : nous ne serons pas toujours séduits de la même façon, et ne l’exprimerons pas de manière égale. Nous serons joyeux dans tel contexte, extrêmement mal à l’aise dans tel autre. Des variations, des impondérables, des inattendus qui rendent toute lecture objective de l’autre, et de ce qu’il éprouve, impossible. Surtout si je nage moi-même en pleine confusion…

Qu’est-ce que, moi, je ressens ?

Car la question essentielle, que nous redoutons peut-être de nous poser, n’est-elle pas: qu’est-ce que, nous, nous éprouvons ? Qu’est-ce que nous ressentons au contact de cet autre ? Quel effet nous fait-il, qu’est-ce que nous pensons de lui ou d’elle, est-ce que nous avons envie de le revoir, est-ce qu’il nous plaît ? Est-ce que nous avons envie de lui plaire ? Une envie qui m’implique davantage que le seul « est-ce que je lui plais ? ». Ces questions sont tellement troublantes, et engageantes – puisqu’elles engagent notre désir éventuel de cet autre – que nous préférons les planquer derrière le « est-ce que je lui plais ? », qui nous évite de nous « mouiller ». Et même si nous n’avons pas forcément de réponses limpides à ces interrogations, elles seront plus importantes, pour engager une relation, que l’assurance d’un « je lui plais » où je reste passif et spectateur.

Des doutes annonciateurs

Il est un cas de figure où, sans trouble aucun, nous devinons si oui ou non nous plaisons : lorsque l’autre ne nous plaît pas du tout, qu’il nous indiffère totalement. Une indifférence qui nous laisse en possession de tous nos moyens, capables que nous sommes alors de prendre la mesure de notre séduction. S’assurer que nous plaisons est possible, finalement, lorsque nous nous fichons de notre interlocuteur, et que la réponse n’a pas grande importance. Car ce qui, plus que tout, signalera nos attirances, seront les doutes dans lesquels l’un et l’autre pataugerons, et que nos désirs grandissants aggraveront encore…

– par Sophie Cadalen